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ARGENTINA !

Dernière étape du voyage : l'Argentine. On a commencé par arriver à Buenos Aires. On a posé nos valises quelques jours dans le quartier de San Telmo. On a visité un peu la capitale et vu un spectacle de Tango. Le Tango... tant de passion, de douleur, et d'expressivité dans cette danse et cette musique... Cléo a littéralement adoré. Elle a fini au premier rang à applaudir et se faire remarquer par les danseurs qui l'ont adorée ! Quelques jours où j'ai travaillé aussi, à distance.


Ensuite, direction le Nord-ouest Argentin : Buenos Aires->Salta ! Un trajet épique en bus semi-cama (demi-allongé). On a d'abord failli raté notre bus parce qu'on a appris en arrivant à la gare routière que nos tickets virtuels achetés sur internet devaient être obligatoirement imprimés (et non dans les téléphones). Là, c'était le gag pour trouver dans cette grande gare le moyen d'imprimer nos billets. On s'en est sortis pour arriver 5 minutes avant le départ. C'était parti pour 20h de trajet ! Les 20h annoncées se sont finalement transformées en 24h du fait d'une panne sur le radiateur du moteur... On est restés en rade un moment au bord d'une route sans réseau téléphonique (les chauffeurs ont dû faire du stop pour aller plus loin et pouvoir prévenir). Un autre bus nous a finalement pris pour terminer le voyage. Ça n'a absolument pas entamé la bonne humeur de Cléo ni son amour inconditionnel pour les bus... ("Oh Bus !")



Salta-la-linda, comme ils disent ici, (Salta-la-belle). C'est une très jolie ville aux portes d'une région montagneuse et désertique. On y trouve notamment un très grand parc de verdure avec de nombreux jeux pour les enfants, et puis un télécabine qui monte sur la colline. On y est restés quelques jours, le temps de s'organiser pour louer un véhicule et partir faire une boucle au sud.

On est finalement parti un lundi pour Cafayate, première étape d'une boucle de 4 jours dans la montagne. On a passé 4 jours incroyables, sur des pistes de terre et de sable, à traverser des déserts de roche rouge et de cactus dans la Quebrada de las Conchas notamment. On doit avouer que c'était très impressionnant. Ici c'est le far west et les villages sont isolés. Ce n'est pas le moment de tomber en panne ou de crever un pneu sur la piste caillouteuse. Le froid de Buenos Aires en cette saison s'est fait oublié pour quelques jours. Les écarts de température dans cette région sont violents. Le froid du matin laisse place peu à peu, à mesure que le soleil gagne, à une chaleur qui brûle la peau. Ici tout est violent dans le climat, et tout est aride dans le paysage. Entre les villes de Cafayate et Molinos, on s'est retrouvés dans des bourrasques de vent qui soulevaient des nuées de poussière sur notre passage. C'était très émouvant de traverser ainsi la montagne et de s'y engouffrer. C'était émouvant aussi de rencontrer de si belles personnes dans les villages. A Molinos, à Cachi et à los Corones où nous avons fait halte, nos logeuses étaient des femmes d'une grande gentillesse. On dirait qu'une douceur mêlée d'une force -peut-être tirée d'une vie dans une région aussi âpre ?- les habitait. Je garderais en mémoire chacun de leurs visages. On a eu un vrai coup de coeur pour la jolie petite ville de Cachi, perdue au milieu des montagnes mais si vivante.



On est rentrés à Salta en empruntant la route 33, qui dessine une ligne droite de plusieurs kilomètres à travers le parc national des cactus (la recta del tin tin en el parque de los cardones), avant de se faire route en lacet pour monter jusqu'à 3457m au passage du col avant de redescendre vers El Carril. On a beaucoup hésité avant de monter avec Cléo à cette altitude qui peut poser des problèmes du fait de la pression atmosphérique (mal des montagnes, et/ou problèmes d'oreille). Mais on a finalement pris la décision d'y aller, en se renseignant bien auprès des locaux et en prenant soin de bien l'hydrater. Au final, le passage au dessus de 2500 n'aura pas duré très longtemps sur cette route. Nous avons par contre renoncé à prendre la route plus au nord, qui elle, passe très longtemps bien au delà des 3000. C'est trop risqué pour Cléo. Cela dit, elle était en pleine forme au sommet et durant tout le voyage en montagne, tout sourire ! Flavien, lui, a suivi les conseils des locaux en testant la feuille de coca, qu'on place entre la mâchoire et la joue pour lutter contre le mal de l'altitude,



Après l'arrivée à Salta, j'ai laissé Cléo faire une "journée papa" pour monter à bord du train des nuages (el tren a las nubes)... Cette fois, le train monte à 4200m, il n'était pas question d'emmener Cléo. J'ai d'ailleurs eu bien mal à la tête toute la journée, et de nombreuses personnes autour de moi partaient voir le service médical à bord pour se mettre sous oxygène et faire baisser un peu leur pression artérielle. J'ai fait une journée de prise de son à bord de ce train mythique, qui passe sur de nombreux viaducs et sillonne la montagne. Aujourd'hui, le trajet à bord du train est nettement restreint, et il est purement touristique (nombreux touristes argentins), mais il n'en reste pas moins impressionnant d'arriver à 4200m sur le viaduc de la Polvorrilla à plus de 65 m de haut au-dessus du vide. On rencontre au sommet des vendeurs ambulants, qui mettent au jour un délicat paradoxe entre la beauté du lieu et son incroyable dureté... Les populations andines, à la peau tannée par le soleil, ont très certainement du mal à gagner leurs vies dans ce climat aussi âpre. Il n'en reste pas moins qu'ils ont le regard d'une grande beauté. Arrivés là-haut, il y a aussi une sorte de sentiment de culpabilité à se sentir être "un touriste riche" et à voir ces gens attendre dans le froid l'arrivée du train pour espérer vendre des ponchos ou d'autres colifichets. Il n'en reste que le son d'un train qui roule au ralenti à travers la montagne est d'une très grande beauté, et qu'on peut s'imaginer les paysages en l'écoutant. Je me suis accrochée à mes micros toute la journée, et aux belles rencontres que j'ai encore faites ce jour-là. Mon espagnol m'aide beaucoup, même si cela fait maintenant 10 ans que je ne l'ai pas pratiqué, je suis surprise de l'allure à laquelle il me revient... Même si je n'ai pas l'accent argentin, je donne bien le change finalement, on m'a demandé plusieurs fois de quel coin d'Espagne je venais ! Quel plaisir de pouvoir échanger vraiment avec les argentins.



Cléo a encore fait pleins de jolies rencontres et pu jouer avec de jeunes argentins.



Il nous reste maintenant une dernière semaine, nous hésitons encore pour la destination, mais en tout cas, le voyage touche désormais à sa fin... On vous écrira un dernier petit mot cette semaine, et on vous retrouvera tous avec grande joie ici et là très bientôt... Prenez soin de vous d'ici là.




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