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Mauruuru (merci) Tahiti & Moorea


Tahiti…Voilà une destination à laquelle je n’aurais pas pensé au premier abord… On avait inscrit dans notre liste de destinations la mystérieuse et lointaine île de Pâques… Un voyage comme celui-ci est vraiment l’occasion d’y aller, car c’est sur le trajet, entre l'Asie du Sud Est et l'Amérique latine, où nous souhaitions nous rendre… Pour accéder à cette île perdue au milieu du Pacifique, seulement deux points de départ possible : Tahiti en Polynésie ou le Chili. On a donc assez logiquement fait une escale en Polynésie française.


On s’est arrêtés d’abord à Tahiti, qui abrite la capitale Papeete, avant d’aller sur l’île voisine, Moorea. Il existe des dizaines d’autres îles dans cet archipel des îles du Vent, sans parler des Marquises et bien d'autres...

Moorea et Tahiti sont d’une géographie assez similaire, qui ressemble d’ailleurs à celle d’un paquet d’autres îles volcaniques. Une seule route principale en fait le tour. Ici pas vraiment d'adresse, on se repère grâce aux points kilométriques sur cette route de ceinture. Quelques ruelles (appelées ici « servitudes ») s’y raccordent. Ensuite, les maisons sont soit "côté mer", soit "côté montagne" pour indiquer de quel côté de la route elles se situent. Le centre de l’île est peu habité, c’est la montagne et la jungle à la fois. Quelques excursions s’y font, assez sportives à priori.


côte Ile de Moorea - vue d'un de ses sommets (la Montagne Magique)

On a fait un tour complet de l’île de Tahiti en voiture. Agréable mais loin des clichés que l'on peut trouver sur les cartes postales. On ne l’a certes pas explorée assez pour en juger. Le premier contact avec Papeete est cependant celui d’un centre ville globalement sans cachet. Tahiti, c'est surtout le centre administratif de l'archipel. A l'exception sans doute de la petite place Vai'ete, où tous les soirs, les foods-trucks s'installent. On les appelle ici "les roulottes".


les "roulottes", place Vai'ete, à Papeete. une tradition ici, où l'on mange le poisson cru au lait de coco


Moorea, est plus petite, avec ses 60 kilomètres de circonférence environ. Elle est beaucoup plus axée sur le tourisme, tout en restant à petite échelle. On a profité d’une plage à quelques pas de la maison où on logeait. On vit ici à un autre rythme.



Ça ressemble à la France, mais c’est aussi très différent. On a croisé quelques français installés ici, qui ont l’air d’avoir trouvé leurs paradis et ne reviendraient pour rien au monde… C’est du moins l’impression que nous a laissée le loueur de paddle, ou encore le proprio de l’appartement où l’on était logés à Tahiti, Maël. Il nous a tout de suite présenté un peu "son île". Ça fait 4 ans seulement qu’il est arrivé, après avoir beaucoup bourlingué. Il n’en repartira plus, pense-t-il. Il nous raconte quelques coutumes d’ici. Nous corrige quand on le vouvoie, "ah non, ici on dit tout le temps "tu", même aux inconnus, c’est mal pris sinon". Il nous raconte tout le bien qu’il pense de cette île, où il y a finalement peu de délinquance, avec un bémol certain pour des situations familiales parfois compliquées. Ça nous refroidit un peu. Certains enfants sont éduqués par les grand-parents ou oncles et tantes, rejetés par leurs parents. Cela mis à part, on a ressenti une vraie gentillesse des Polynésiens...


Maël nous donne quelques bons plans pour Moorea. "Tahiti, c’est encore connecté avec la France (les Franis comme ils disent), mais Moorea, c’est totalement déconnecté, tu verras". On a suivi l’un de ses bons conseils et on s’est retrouvés à nager au milieu des raies et requins au large de la plage des Tipaniers. Un endroit connu pour cela. Même si c'est sans risque, je reconnais que je n'étais pas vraiment rassurée (ci-dessous la photo, "Sophie-en planque à l'approche d'une raie"...)


A Moorea les plages sont vraiment très belles, et on retrouve les clichés des cartes postales.

Après, pour ma part, je ne suis pas sure que le paradis soit plus ici qu'ailleurs...




On a aussi rencontré un couple de français venant de s'installer ici. Pedro, Agathe et Axel, 2 ans. C'est Pedro qu'on a d'abord connu, seul avec son fils, à la plage. Pedro parle très posément. On discute rapidement voyage car ils reviennent d'une longue période en Nouvelle-Zélande. Et puis, il nous invite à venir boire un verre le soir chez eux. On rencontre alors Agathe qui travaille dans un hôtel haut-de-gamme de l'île. Elle ne semble même pas s'étonner de trouver des inconnus attablés chez elle en arrivant du travail. Elle se réjouit tout de suite de la rencontre. Agathe est très drôle. On se fait une joie de partager finalement toute une soirée en leur compagnie, et puis même une matinée, le week-end suivant. Ils nous racontent leur arrivée sur l'île il y a quelques mois, leurs ressentis au quotidien. On parle voyage, enfant, vie quotidienne et rêves avec eux comme s'ils étaient de vieux amis. D'ailleurs Agathe a pensé un instant qu'on se connaissait la première fois qu'elle nous a vus.... Pendant ce temps Cléo et Axel s'apprivoisaient. Merci Agathe, Pedro et Axel.


On nous demande parfois, en discutant à droite à gauche, si Cléo s’y retrouve à changer de maison tout le temps comme cela… On n’a jamais eu vraiment peur de cela avec Flavien. Cléo semble suivre le mouvement. Il y a toujours les petits décalages horaires à chaque nouvelle escale, mais cela ne prend que 2-3 jours en général et on reste suffisamment longtemps à chaque fois pour se trouver un rythme dans chaque pays. Il reste nos habitudes de voyage qui sont comme des nouveaux repères. Refaire souvent la valise. Laver notre linge. Déplier le lit-tente de Cléo, etc...

L’autre soir, j’ai tiré les rideaux dans la chambre, et Cléo a dit « chez nous ». Elle a repris l’expression de Flavien qui tirait les rideaux du mini-van en Nouvelle-Zélande quand la nuit tombait avant d'allumer la lumière : « on va se mettre chez nous » il disait.

Je crois que Cléo a bien compris l’esprit de ce voyage, et j’espère vraiment qu’elle gardera ça pour plus tard… L’idée que l’on n'a pas besoin de grand-chose avec soi, ni d’être dans la maison où l’on a l’habitude de vivre pour se sentir chez soi. On peut se sentir chez soi un peu partout, du moment que l’on s’y sent bien. Un toit quand il fait nuit, un lit pour dormir, aux côtés de ceux qu’on aime, ça suffit pour être chez nous, au sens le plus plein du terme. J’aime cette idée. Merci Cléo.


Comme on dit ici : "Mauruuru" (merci)

et "nana" (au revoir).





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