Stage documentaire sonore de création - octobre 2015 @ Phonurgia Nova - Arles

Stage mené avec Kaye Mortley. 

Il s’agit d’abord de faire de son écoute un acte créatif. A un pôle le réel, à l’autre l’auditeur, entre les deux : un auteur capable de transmettre sa sensibilité par rapport à un « sujet » à travers un langage sonore assumé. Comment ? En misant sur la valeur narrative du son, la syntaxe du montage et du mixage. Mais que signifie aborder le « son » comme écriture du réel ? Et qu’est-ce que le documentaire radiophonique ? Est-ce si loin de la radio du quotidien ? Où est le réel ? Qu’en faire ?

Objectifs pédagogiques

 

Initier les participants à la pratique du documentaire de création, élargir leurs références professionnelles, leur transmettre une culture spécifique à cette expression, sont les objectifs de cette formation dont la finalité est de leur permettre d’initier ou poursuivre une démarche d’auteur en documentaire radiophonique.

Qu’est-ce qu’un « documentaire de création »? C’est un nom que l’on donne (un peu « faute de mieux ») à un type de radio où le réel glisse vers autre chose (« la fiction » ou « l’art », peut-être)… Un type de radio dont le but est moins d’instruire et d’informer (bien que ni l’information, ni l’enseignement n’en soient exclus) que de créer un univers (au sens large) tissé de sons réels.

Le sujet importe peu, n’étant souvent qu’un prétexte permettant à l’auteur de parler de quelque chose de plus universel — ou de plus intime que ledit sujet. Ce qui importe c’est l’auteur et sa façon de s’engager avec le sujet. Qui est cet auteur ? C’est, selon Kaye Mortley « un scénariste doublé d’un praticien du son avisé, capable de raconter une histoire invisible, dans un langage spécifiquement sonore, selon sa propre voix ».

Déroulé

 

Ce stage s’organise autour d’un projet collectif abordé dans des conditions réelles de réalisation. Les apports théoriques et méthodologiques dispensés au long du stage, s’articulent à cette mise en oeuvre. A partir du choix d’un « sujet » (déterminé le plus souvent en amont du stage avec les participants) l’atelier chemine à travers les différentes étapes de la conception et de la fabrication, jusqu’à la diffusion d’un « film radiophonique » présenté en public à la fin du stage, puis évalué. Au cours de cette formation, les participants sont invités à se glisser dans la peau à la fois d’un conteur et d’un ingénieur du son pour apprendre à :

– sortir des ornières du journalisme
– « raconter avec les sons »
– les capturer en tenant compte des possibilités des microphones ;
– les trier, les organiser, les monter et les mixer selon une syntaxe sonore et des règles formelles cohérentes,
– devenir auteur avec les propos des autres
– se doter des repères et du vocabulaire adéquats pour évaluer la marche du travail et le faire progresser.

Comment ? L’approche proposée suppose que les participants s’impliquent personnellement dans chacune des phases allant de la conception à l’enregistrement, de l’écriture et de la production. L’atelier mobilise donc différentes dimensions et aptitudes qui s’articulent autour de trois axes :

Axe 1 — méthodologie

Cerner les spécificités de l’écoute et les contraintes qu’elle impose au réalisateur. Appréhender les techniques d’écriture permettant de rendre le réel à partir du son. Passer de l’idée au projet ; apprendre à gérer les questions, les doutes et les difficultés rencontrés en chemin, sans infidélité aux intuitions de départ ; affirmer un regard personnel.

Axe 2 — analyse

A partir d’exemples, et tout au long des exercices collectifs : comprendre la dramaturgie des sons, le rôle de la musique, la force d’un découpage et d’un montage de paroles, la place des accidents et du silence.

Axe 3 — pratique intensive

Travailler la capture du son en extérieur et en studio, aborder avec l’aide d’un chef opérateur du son le montage et le mixage comme actes d’écriture ; mettre en jeu différents procédés narratifs, identifier les métaphores sonores adéquates, faire co-exister des langues différentes au sein d’une même émission.

Déambulation/ Dé-marche:

Partir de la rue dite "du bout d'arles" à l'époque de Van Gogh...

C'était vers les bords du Rhône... vers la gare... vers les maisons closes.

Partir par quatre chemins.

A la recherche du bout d'arles.

Proposer une certaine lecture (subjective) de la topographie de la ville et ses limites, composée de ce qui se rencontre, s'entend, se voit (traduit en son), se pense, se ressent chemin faisant.

une réalisation collective de Anne-Laure, Marion, Alice, Valérie, Gaëlle, Eléonore, Isabelle et Samuel, sous la direction de Kaye Mortley et Sophie Berger